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jeudi 28 juillet 2011

Jour de marché hebdomadaire a Keur Momar Sarr : La foire aux charretiers



Les rendez-vous commerciaux renferment d’énormes opportunités. Et ce ne sont pas les petits charretiers de Keur Momar Sarr qui diront le contraire. Ils ont réussi, grâce leur charrette à  ânes, à tirer leur épingles du jeu.

Habib, 11 ans, élève en classe de CE1, fait partie aussi du groupe. Petit de taille, yeux mi fermés et habits mouillés par la sueur, il mène difficilement ses ânes à travers le marché. Les bêtes semblent extenuées par le poids de la charge et l’étroitesse des rues qui séparent les étales.  La propriétaire de la marchandise, une femme mince aux pas hésitants, foulard noué autour de la ceinture, l’aide à dégager la voie en demandant aux vendeurs de pousser leurs tables. A chaque fois elle fait signe de la main au gosse de faire vite.  Ce dernier se souciait plus pour ses bêtes que pour les bagages de la marchande. « Madame, doucement ! Vous-même vous savez que la marchandise est lourdes sur le dos de mes ânes », répond-il à son tour à la dame. A l’arrivé c’est un Habib souriant et apaisé qu’on retrouve en train de fredonner un chant écolier. «On m’a bien payé cette fois-ci. Nous étions tombés d’accord sur 1000Fcfa pour le transport de ses marchandises mais elle m’a donné le double, avec cette somme je peux m’assurer le pain chaque jour pendant une semaine», se réjouit cet orphelin de père et de mère qui vit avec seul avec ses grand parents maternels.
Les jours de louma à Keur Momar Sarr, ce sont aussi des moments bénis pour beaucoup d’enfants du village, qui profitent de ces rendez-vous de l’offre et de la demande pour se faire du fric.  La particularité chez eux est qu’ils son tous âgés entre 10 et 14 ans et la plupart d’entre eux vont à l’école. Malgré leur bas âge, beaucoup de commerçants comptent sur leur activité ; qui consiste principalement à acheminer,  sur des charrettes  à âne, les marchandises là où les camions ne peuvent pas accéder dans le marché.
Grace à ce travail, ils parviennent à résoudre certains de leurs problèmes sans solliciter l’aide des parents. C’est peut-être ce qu’ont compris les pères de famille qui n’hésitent pas à forcer leurs mômes à travailler comme charretiers au louma. D’ailleurs ceux-ci (les petits charretiers) participent également à la dépense quotidienne chez eux comme le révèle Mamadou, 14 ans, élève en classe de CEM 2, trouvé en train de chargé des caisses de mangues. « Je viens juste de donner 1000 FCFA à ma petite sœur pour préparer le repas de midi. C’est comme ça tous les week-ends depuis des mois maintenant », dit-il sur un ton joyeux. Ce qui signifie à ses yeux que  « la journée démarre bien. » «Avec cette somme, je suis sur de gagner plus que les autres semaines où je descendais avec à peu prés 1OOOO Francs », avance-t-il.
Ils sont nombreux parmi les enfants du village, à avoir sauté sur cette occasion que leur offre ce marché
hebdomadaire. Cheikh, 14 ans, et ses neuf amis ont trouvé la parade en créant une tontine hebdomadaire de 1000fca chacun. «Cette initiative, personne ne nous a suggérés. On s’est juste inspiré de ce que font les femmes du village », souligne cheikh, responsable du groupe. Ces mômes dont la plupart sont des écoliers, se retrouvent quelques part à la fin de la journée pour tirer au sort celui qui partira avec la somme réunie. Celui-ci aussi sera éliminé du prochain tirage. Ainsi avec les bénéfices qu’ils récoltent, ils ne disent pas autres choses. 

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