LM

lundi 22 mars 2010

L’« indépendance » des pays africains

Sénégal 1960, 2010 cinquante ans de néo-colonisation

Depuis le début de l’année le Sénégal célèbre les cinquante ans de son « indépendance », avec beaucoup de folklore qui ne valait même pas la peine. Indépendance !! Mais de quelle indépendance s’agit-il, vu que jusqu’à présent on est dépendant, subordonné, assujetti et soumis à la France ? La journée de lancement des festivités du cinquantenaire du Sénégal est en quelque sorte la preuve de notre « non indépendance ».

Tout d’abord un peu d’histoire !

En 1960, le Sénégal devient « indépendant ». Cette indépendance que d’aucuns qualifient de néo colonialisme, est l’aboutissement d’un long processus de duperies, de faussetés, de magouilles, etc. de la part de la France pour contrecarrer les pressions internationales et neutraliser la ferveur des nationalistes dans les colonies. La Métropole entendait aussi trouver l’ « homme de confiance », soucieux des intérêts des Blancs. Ainsi Pendant près de 16 ans elle va canaliser les acteurs de la décolonisation dans quatre grandes étapes.

Après la libération de l’Afrique du Nord la de Gaulle organisa une conférence à Brazzaville en 1944 pour réviser les relations entre la France et son empire colonial mais sans la présence des africains. En 1946 débute la Guerre d’Indochine. Pour éviter que celle-ci n’ait des répercutions en Afrique, on créa l’Union française. Celle-ci devait supprimer l’indigénat et les travaux forcés. Mais les africains ne verront rien! La défaite française de Dîen Bien Phu, la radicalisation des maquisards algériens et la naissance du Tiers Monde emmènent la France à une nouvelle tournure dans sa politique coloniale.

Ainsi en 1956 on adopta La Loi-cadre. Celle-ci donnait une semi-autonomie aux colonies avec des assemblées territoriales (qui n’étaient que des coquilles vides), un suffrage universel… Cette loi entraîne la fin des grands ensembles coloniaux AOF et AEF : « c’est le point de départ de la balkanisation de l’Afrique » . En mai 1958 de Gaulle arrive au pouvoir et forme un Gouvernement. Le 1er juin 1958, il reçoit les pleins pouvoirs pour rétablir l’ordre en Algérie et trouver une solution globale à la question coloniale. Ainsi, il propose une nouvelle constitution qui est à la base de la Communauté française. En août de la même année. Il entreprend une tournée en Afrique noire pour faire la propagande de la nouvelle constitution avec un chantage dissimilé : « tout pays qui refuserait la constitution deviendrait immédiatement indépendant avec toutes les conséquences que cela impliquerait » . Seule la Guinée de Sékou Touré votera « NON » au référendum du 28 septembre. Le 2 octobre elle devient indépendante et deux années plus tard les autres colonies françaises deviennent elles aussi indépendantes.

Mais cinquante ans après les indépendances beaucoup de choses ont changé mais négativement. Sur le plan politique on a assisté et on assiste encore à la monopolisation du pouvoir entre les mains d’une seule personne. Et le plus souvent pour y arriver on emprunte la voie des armes au lieu de celle des urnes. Nos présidents n’hésitent pas aussi à se verser dans le jeu de la monarchisation du pouvoir en essayant de placer leurs fils à la tête de leurs Etats. C’était le cas du feu Gnassingbé Eyadema pour son fils Faure, feu Omar Bongo et son fils Ali Bongo. C’est le cas maintenant du président Wade pour son fils Karim, Hosni Moubarak et son fils Gamal Moubarak... Sur le plan économique et social c’est encore plus grave.

En effet, malgré les richesses que regorge notre continent, les africains souffrent toujours de la faim, de la misère… les ressources énergétiques, minières, forestières etc., loin de remplir les caisses de nos Etats et booster leur croissance, servent plutôt à engloutir les poches de nos dirigeants et les caisses des multinationales des pays occidentaux. C’est le cas de la RD Congo, du Nigeria, Niger, de la Guinée… La liste est loin d’être exhaustive. Et comment peut-on parler d’indépendance dans ces difficiles conditions vie des populations africaines ?

Donc qu’est ce qu’être indépendant ? Être indépendant c’est de ne dépendre de personne. Malheureusement nos pays ne le sont pas jusqu'à présent. Car ils dépendent toujours directement ou indirectement de l’Occident. Cela est une vérité incontestable. Et pour preuve, en février 2010 lors du lancement des festivités marquant la célébration de nos cinquante ans d’indépendance, on a vu le drapeau de notre pays attaché à celui de la France comme pour montrer que jusqu’à l’heure actuelle le Sénégal est et sera toujours sous les serres de ce pays que nos grands pères, les vaillants Tirailleurs, ont défendu avec bravoure et acharnement.

Une chose. Allez dire au président Wade qu’on ne célèbre pas les cinquante ans d’un Etat par des séances de danse, des scènes de théâtre, de concerts etc. C’est plutôt un bilan objectif de ce demi siècle d’ « indépendance » de la part des politiques que les africains, en particulier les sénégalais, ont besoin.

« CE N’EST PAS EN CASSANT LE THERMOMETRE QU’ON FERA BAISSER LA FIEVRE !!» Alpha BLONDY

Cissokho

1 commentaires:

mon cher Foutanké, encore une fois je t'approuve. On chante partout les 50 ans. Mais au juste je ne vois pas du tout ce que l'on fête. La pauvreté? La misère? Le détournement de nos maigres ressources pour se faire des villas en Europe ou en Amérique. Ce cinquantenaire des Etats africains doit être une occasion pour nos dirigeants de se remettre en cause et changer de politique

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